jeudi 26 avril 2018

26/04 - JEAN-MICHEL CLÉMENT, PREMIER DES FRONDEURS 
À QUITTER LA MAJORITÉ. 
La loi asile et immigration. 


C'est le premier pas qui compte. D'autres mécontents sont restés dans les rangs, mais devraient suivre.

Véritable rebelle de la macronie, le parlementaire La République en marche de la Vienne s'est retiré du parti après avoir voté contre le projet de loi asile et immigration.
Quand on l'interroge sur la façon dont se déroule l'examen du projet de loi asile et immigration à l'Assemblée, Jean-Michel Clément pousse d'abord un long soupir. «On parle pour rien, c'est une mascarade», lâche, dépité, le parlementaire La République en marche (LaREM) de la Vienne. Cet ancien avocat de 63 ans a été le premier à annoncer qu'il voterait contre le texte, dès son examen en commission des lois. Rétention des mineurs, vidéo audience, raccourcissement des délais…
Cet ex-socialiste, député depuis 2007, critique depuis plusieurs mois «l'hypocrisie» d'un texte qui selon lui «ne réglera rien» et fragilisera les personnes qui ne seraient «ni expulsables ni régularisables». Clément a signé plusieurs amendements personnels. Aucun n'a été retenu. Dimanche, il a annoncé qu'il quittait le groupe LaREM après avoir, comme promis, voté contre le projet de loi asile et immigration, adopté en première lecture à l'Assemblée nationale.

Finalement cette loi «  asile et immigration » aura été une formidable tribune pour le Front National. C’est lui qui sort gagnant de ce débat en mêlant asile et immigration.

En août déjà, cet ancien maire de Mauprévoir, une petite commune située entre Poitiers et Limoges, s'opposait à la loi de moralisation de la vie publique, qu'il qualifiait de «futile» et «intellectuellement pauvre». À l'automne, il n'a pas voté la loi sur la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme et a déjà exprimé ses réserves sur le texte de la réforme des institutions. «C'est simple: il est anti-tout», grince un député LaREM.

Une forte tête
Pendant la précédente législature, pourtant, Jean-Michel Clément ne faisait pas partie des frondeurs. Il s'est seulement opposé à la déchéance de nationalité. «C'est quelqu'un de loyal», loue la présidente du groupe Nouvelle Gauche à l'Assemblée, Valérie Rabault. Au sein de la macronie, le député avoue qu'il «s'interroge sur l'orientation de la politique» menée et garde ses distances avec le mouvement.
Dans une majorité souvent présentée comme aux ordres du pouvoir, Clément assume faire figure de forte tête. Le mercredi, il participe aux réunions du «pôle social» du groupe LaREM, avec Brigitte Bourguignon. Ces dernières semaines, il a multiplié les sorties médiatiques contre le texte de Gérard Collomb. «Je sais qu'il y a des règles de vie mais les transgressions sont inévitables. J'ai mes valeurs et mes principes», assure l'élu, qui revendique son engagement à gauche.
Ses prises de position ont en tout cas reçu un accueil favorable du côté du Parti socialiste. Les Jeunes Socialistes de la Vienne ont ainsi adressé dans la presse locale une lettre ouverte invitant Jean-Michel Clément à revenir dans leurs rangs. En cas d'exclusion du groupe LaREM, Clément rejoindra-t-il ses anciens amis socialistes? «Pour l'instant, la question ne se pose pas. Pour retourner dans un mouvement, il faut des signes dans les deux sens», répond-il. «Le groupe n'est pas fermé mais il n'y a pas de demande formulée à ce stade», élude Valérie Rabault, patronne des députés PS. Le rebelle de la macronie promet, pour ses dernières années à l'Assemblée, de «se pencher» sur la réforme des institutions, mais aussi sur celle de la justice. Après trois mandats de député, ce «rural», comme il se définit, envisage de redevenir maire.

Il n'a pas à choisir un autre parti, c'est de l'enfumage, il doit choisir le parti de la  France, le CNTF

Le député Jean-Michel Clément quitte le groupe LREM après son vote contre la loi asile et immigration

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