mercredi 12 avril 2017

+12/04 - COUP D’ÉTAT À WASHINGTON : 
TRUMP TENTE DE SAUVER SA PEAU. 


Jared Kushner (famille illuminati) et Ivanka Trump
CONTRE-OFFENSIVE DU SYSTÈME POUR METTRE TRUMP SOUS INFLUENCE: EXPLICATION POSSIBLE DES TOMAHAWK EN SYRIE!

Trumpisme : les Mercer veillent au grain. Trump est sous observation.
Par André Archimbaud Consultant stratégique

Trump est sous observation. Il s’était hissé au pouvoir en déjouant l’immense machine de guerre Clinton née d’une prétendue fondation caritative (deux milliards), suivie d’une organisation de campagne gérée comme une multinationale (deux autres milliards). Avec seulement 375 millions, il a su déchiffrer le code d’une élection organisée par et pour le « deep state ». En gagnant massivement le collège électoral. Retour sur investissement…
Il n’aurait pu le faire sans la « galaxie Mercer ». La victoire de Trump aux primaires sut convaincre Robert Mercer (et sa fille hyperactive Rebekah) que le moteur religieux venait de fusionner avec son jumeau oublié, le populisme des cols bleus déchus.
Cette famille richissime (fortune financière) prit les choses en main, investissant des fonds, recommandant une directrice de campagne chevronnée (Kellyanne Conway), offrant les compétences de leur réseau de sociétés spécialistes en mercatique électorale.
Mais c’est d’idéologie qu’il était surtout question. Selon Institutional Investor (« Robert Mercer’s Trade of the Century », 13 décembre 2016), les Mercer avaient poussé pour la nomination de Flynn (Sécurité, Défense), puis celle de Jeff Sessions (Justice), mais surtout celle de Steve Bannon, l’idéologue anti-néocon et antimondialiste de la droite alternative américaine. Un Steve Bannon qui avait fait des merveilles pour Trump avec son groupe de presse en ligne Breitbart.
Cette « trinité » a été tuée dans l’œuf et Trump fut privé de ses moyens : début janvier, exécution de Flynn par le vice-président Pence puis, début mars, castration de Jeff Sessions (les deux pour russophilie), enfin, début avril, éjection de Bannon du National Security Council de la Maison-Blanche par le général McMaster (le remplaçant de Flynn). Les dominos tombent depuis janvier, annonçant une reprise en main par le « deep state »de la stratégie internationale (McCain-Graham-Rubio-Haley) comme de la politique économique (doctrine Goldman Sachs, incarnée par Gary Cohn, conseiller économique du président, et proche de son gendre Jared Kushner). Et, comble de l’insulte, Bannon, toujours conseiller stratégique, se fait ordonner ce week-end par Trump de rencontrer Kushner, « afin qu’ils règlent leurs différends… avant que je le fasse moi-même ».
Bannon s’était opposé aux frappes syriennes et s’en allait claquer la porte… lorsque survint Rebekah Mercer. Selon Politico (« Megadonor urged Bannon not to resign », 5 avril 2016), les Mercer, qui venaient de lancer un vaste plan publicitaire afin de redresser l’image d’un Trump en panne depuis la mi-mars, auraient convaincu Bannon d’avaler la couleuvre afin de garder le fort, invoquant « un jeu à long terme ». Possible. Mais il n’est pas exclu qu’il soit « démissionné »…
Car la panoplie des nouveaux amis de Trump est prête : maxi-sanctions contre la Russie (pour complicité au récent crime de guerre syrien, et autres actes de guerre dans l’élection américaine), résurrection de la « Free Syrian Army », envoi d’un contingent en Syrie, budget d’un Maïdan Russe, version 2018…
Trump doit-il s’opposer à ce tsunami néocon, quitte à détruire sa vie et ses affaires ? Ivanka, démocrate, Jared Kushner, démocrate, Gary Cohn, démocrate, ont déjà la réponse. Et lui ?
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COUP D’ÉTAT À WASHINGTON : TRUMP TENTE DE SAUVER SA PEAU

Après la première séance publique du House Intelligence Committee sur les ingérences de la Russie (tenue le 20 mars en présence des directeurs du FBI et de la NSA), le commentateur ultraconservateur Rush Limbaugh, pessimiste, avait résumé le message du deep state à Trump : « Laisse les républicains de Washington diriger… sinon, c’est l’impeachment ! » Il est vrai que les efficaces arguments du camp Pelosi avaient un goût de réquisitoire en déchéance, tandis que les républicains, divisés, soutenaient Trump comme la corde soutient le pendu.
Il était clair, depuis deux mois, que le sénateur McCain, président-en-réserve-de-la-république-et-candidat-des-médias, avait kidnappé la politique étrangère américaine, se déplaçant en Ukraine, dans les pays baltes, au Proche-Orient, l’équipe de Trump (Rex Tillerson inclus) étant réduite à faire de la figuration.
Or, en cette semaine d’importance (visite du général al-Sisi, puis celle du roi Abdallah de Jordanie, et surtout celle du président chinois Xi Jinping), Trump embrasse avidement la thèse du bombardement-chimique-du-tyran-Assad et indique un changement de sentiment à son égard, cependant que son ambassadrice aux Nations unies admoneste la Russie, puis il exclut du National Security Council son fidèle allié Steve Bannon, pourtant idéologue du trumpisme (son plan : « refonte de la Sécurité, relance du nationalisme économique, déconstruction de l’état administratif »). Et l’on apprend, le 6 avril, du Speaker Paul Ryan, que le président du House Intelligence Committee, Devin Nunes, se récuse à son tour dans l’enquête sur les ingérences de la Russie.
(Nunes a récemment levé le lièvre « Obamagate » sur les surveillances orchestrées sur Trump et son équipe. Serait-il un agent russe ?)
Victoire des sénateurs McCain et Graham, qui décernent maintenant une série de « bons points » à Trump sur les grandes chaînes… lui offrant son carnet de route : il faut maintenant geler une partie du territoire aérien syrien, bombarder les bases aériennes, et les Russes devront suivre, sinon tant pis pour eux…
Il est intéressant de noter que les Saoudiens sont passés il y a peu par Washington et qu’ils n’ont pas tari d’éloges sur Donald Trump, se livrant à une comparaison flatteuse pour lui avec Obama, insistant sur le sens des affaires de Trump et sa capacité à relancer la croissance. Le 24 mars, sur Fox News, le ministre des Affaires étrangères, Adel ben Ahmed al-Joubeir, disait de Trump : « C’est un être humain exceptionnel, il a une vision, il comprend le rôle du leadership américain dans le monde. » Puis, parlant de l’Iran et de la Corée du Nord : « Quand on [Obama, ndlr] laisse un vide, il se comble. »
La tactique du « parti unique » est simple : Nunes disparaissant de l’enquête sur la Russie de la Chambre, la commission du Sénat entamant ses travaux sur le même dossier, la seule chance de Trump d’éviter l’impeachment est de faire ce que les néocons lui diront de faire. S’il est bien sage, ils pousseront le bouton « Obamagate » et lui conserveront le pouvoir, et son gendre et prochaine victime, Jared Kushner, pourra rester… à une condition : annuler le plan de « nationalisme économique ». Charles Gasparino, journaliste économique de Fox News, précisait le 5 avril : « En matière de libre-échange, il semble que le président soit ramené au centre par son conseiller économique Gary Cohn, lui-même intime de Kushner. » Washington vaut bien une messe…

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