lundi 28 novembre 2016

28/11 - FIDEL CASTRO. HÉRO OU DICTATEUR ?
UN TRAFIQUANT DE DROGUE ? UN OPPORTUNISTE ?


Castro mort le 25 décembre ? Il était certainement déjà mort. Cela avait été annoncé. Ils ont juste attendu la bonne date pour renforcer le mythe. 

Un anniversaire : Le 25 novembre 1956, la révolution cubaine est lancée sur la rive droite du fleuve Tuxpan, près du golfe du Mexique, à quelque 300 kilomètres à l’est de Mexico.

Castro a joué sur tous les tableaux, utilisant les américains puis les russes. Un manipulateur. De nombreux rebelles l'ont rejoint grâce à l'idée de propagande par la radio du CHE.
Castro a pris le pouvoir pour servir son pays ou pour lui ?
La vie cachée de Fidel Castro révélée par son garde du corps
Par Claire Arsenault
Après avoir vécu dix-sept ans dans l’intimité de Fidel Castro, son garde du corps personnel, Juan Reinaldo Sánchez publie La vie cachée de Fidel Castro, un portrait du Lider máximo qui met à mal la légende du combattant frugal.
Il y décrit le maître de Cuba en amateur de pêche sous-marine, ayant une île à son usage exclusif comme maison de campagne. La légende castriste en sort bien bousculée.
S’il n'y a pas de héros pour son valet de chambre, il n’y en a pas davantage pour son garde du corps. Le lieutenant-colonel Juan Reinaldo Sánchez le démontre largement dans La vie cachée de Fidel Castro, le récit coécrit avec Axel Gyldèn, des dix-sept années qu’il a passées au service rapproché du maître de Cuba. De 1977 à 1994, ce militaire a vécu tout près de Fidel au point de percer la plupart des secrets de celui qui se voulait un révolutionnaire exemplaire vivant de peu et consacrant son énergie à son pays. Alors que le magazineForbes lui attribue en 2006 une fortune de 900 millions de dollars, lui affirme se contenter de 40 dollars par mois, le montant de son salaire.

Une île. Secret d’État
En ce qui concerne l’austérité affichée par un Fidel Castro bourreau de travail, le garde du corps livre une tout autre version. Couche-tard et lève-tard (jamais avant 10-11 heures), le président est un adepte accompli de la chasse sous-marine. Pour s’y adonner, celui qui a souvent dit son mépris du concept bourgeois des vacances, dispose pour son usage exclusif d’une île de rêve, à 15 km de la baie des Cochons.

Secret d’État, l’existence de l’île de Cayo Piedra et la vie dorée qu’on y mène avec de rares  invités comme Gabriel Garcia Marquez, sont encore maintenant peu connues. Yachts luxueux, parties de pêche mémorables, piscine d’eau douce, tout cela ressemble beaucoup plus à un caprice de tycoon qu’à la retraite d’un révolutionnaire, bien qu’on y ait construit une rampe de missiles sol-air.
Quand il regagne La Havane, Fidel dispose d’une maison (parmi une vingtaine dans la pays) tout aussi confortable située sur un terrain de trente hectares. Le parc arboré de Punto Cero est un véritable jardin d’Eden qui entoure une maison de maître « à l’ancienne » d’une surface de 500 mètres carrés, les vastes pelouses flanquées d’une piscine. Quatre jardiniers s’emploient à entretenir l’ensemble qui compte également une autre maison et six serres pour les fruits et les légumes.
Fidel qui a d’importants troubles digestifs, ne mange que des produits frais et il ne boit que du lait de « sa » vache, identifiée sous le numéro 5… Il a renoncé à ses emblématiques cigares depuis 1985, tout comme à son péché mignon, le Chivas Ragal, mais accompagne volontiers ses repas, en général légers, d’un peu de vin algérien.

Donneurs de sang
Certes, admet Juan Reinaldo Sánchez, ce n’est ni plus ni moins ce que nombre de riches possèdent dans le monde. Mais, ce qui choque le garde du corps, c’est la comparaison avec le sort des Cubains qui comme lui, ont droit à cinq œufs par personne et par mois, cinq cents grammes de poulet, deux cent cinquante de poisson, un quart de litre d’huile, des haricots noirs, du lait en poudre (réservé aux enfants de moins de 7 ans) et un pain par jour...
Comme tous ceux qui sont arrivés au pouvoir par un coup de force, Fidel se méfie de subir le même sort. Il ne se déplace jamais sans au moins une dizaine de gardes du corps et conserve à ses pieds, dans la Mercedes offerte par Saddam Hussein, une arme prête à faire feu.
Parmi les hommes qui l’entourent en permanence, deux ont une mission bien particulière. Ils ne sont ni ceintures noires de karaté, ni champions de close-combat et encore moins tireurs d’élite. Non, ces deux hommes sont tout simplement porteurs d’un groupe sanguin très rare, le 0 négatif, qui se trouve être justement celui de Fidel Castro. Les deux donneurs potentiels sont aussi réquisitionnés à proximité du président quand celui-ci a des problèmes de santé.

Sosie à la parade
C’est ce qui s’est produit en 1983 rapporte, Juan Reinaldo Sánchez. Castro est alors hospitalisé pour une hémorragie intestinale due à un cancer, croit-il savoir, dans une unité dotée des meilleurs équipements et qui lui est exclusivement réservée. Les soins et la convalescence l’éloigneront de ses activités durant plus de trois mois. Les Cubains n’y verront que du feu, car tout est prévu pour laisser croire que Fidel continue de veiller sur l’île. C’est donc le moment où on sort le « sosie ».
Cette fonction est assurée par Silvino Àlvarez. L’homme ne ressemble pourtant pas de façon frappante au Comandante. Plus petit, imberbe, le remplaçant est au moment requis, dûment maquillé, habillé et affublé d’une fausse barbe. Tous les jours qu’a duré la convalescence de Fidel, son « sosie » a été promené à l’arrière, du côté droit de la Mercedes présidentielle. Sur le trajet domicile-bureau, le faux président s'autorise même à baisser la vitre pour saluer de la main le bon peuple ainsi rassuré sur la conduite des affaires de l’Etat. Le même scénario gagnant se répètera en 1992 alors que Fidel fait une rechute au cours de laquelle il frôle la mort.
Le culte rendu par les Cubains à leur chef est la plupart du temps sincère, admet Juan Reinaldo Sánchez. Lui-même reconnaît avoir longtemps considéré Fidel Castro comme un dieu. « C’est l’homme que j’admire le plus au monde et pour qui je suis prêt à donner ma vie quoiqu’il arrive », écrit-il alors qu’il croise Fidel lors de ses premières missions.
Près de deux décennies plus tard, il ne reste rien de l’enthousiasme de naguère. En 1994, la fille de Juan Reinaldo Sánchez émigre avec son mari au Venezuela et son frère fuit aux Etats-Unis. Cela suffit à faire de lui un suspect, Castro le fait arrêter. Il restera en prison deux ans et y sera torturé. En 2008, après dix tentatives infructueuses, il parvient à gagner les Etats-Unis où il vit depuis. Malade, Fidel Castro a cédé le pouvoir à son frère Raúl en 2006.
La vie cachée de Fidel Castro, de Juan Reinaldo Sánchez et Axel Gyldèn. Ed. Michel Lafon.
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LA VIE CACHÉE DE FIDEL CASTRO
Axel Gyldén, Juan Reinaldo Sanchez
Les révélations explosives de son garde du corps personnel
Jamais personne, jusqu’à présent, n’avait raconté la vie de Fidel Castro « vue de l’intérieur ». Chargé de la protection du Líder máximo pendant presque deux décennies, Juan Reinaldo Sánchez a pu découvrir les arcanes de cette vie cachée. Car tout est caché, autour de Castro, du village fantôme où s’entraînent les guérilleros de plusieurs continents jusqu’à sa fortune colossale – immense parc immobilier, île paradisiaque ignorée des Cubains et mainmise sur l’argent public – en passant par ses relations avec sa famille et ses neuf enfants issus de cinq unions.
Ce livre révèle d’innombrables secrets d’État et les multiples facettes du monarque cubain : chef de guerre génial au Nicaragua et en Angola, autocrate paranoïaque dans son pays, maître espion hors norme, diplomate machiavélique, maniaque des enregistrements ou encore complice des trafiquants de drogue. On croyait tout savoir de l’aventure cubaine et de Fidel Castro Ruz. Il nous faut désormais reconsidérer notre vision des choses à l’aune de ce témoignage exceptionnel.
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Vidéo - Les révélations de Juan Reinaldo Sanchez, ancien garde du corps de Fidel Castro
Le lieutenant-colonel Juan Reinaldo Sanchez a été le garde du corps personnel de Fidel Castro pendant 17 ans. Il a ainsi vécu auprès du leader cubain, avant de rompre avec le régime et de fuir en Floride en 2008. Dans le livre "La vie cachée de Fidel Castro", co-écrit avec Axel Gylden, il lève le voile sur un "Lider Maximo" inconnu du grand public et nous parle de sa vie privée, de sa fortune et des secrets d'État.
Qui est vraiment Fidel Castro ? Qui se cache derrière les multiples masques du chef de guerre charismatique, autocrate paranoïaque, diplomate machiavélique, orateur admiré des intellectuels européens, insatiable Don Juan ou encore nabab aux goûts de luxe? Personne, jusque-là, n'avait osé révéler la vie privée et secrète du mythique personnage. Dans "La vie cachée de Fidel Castro", la journaliste Awel Gylden a recueilli le témoignage de Juan Reinaldo Sanchez, chargé de la protection personnelle de Fidel Castro pendant 17 ans, avant de tomber en disgrâce. Après avoir été l'ombre de Castro, Sanchez a connu les geôles cubaines, la torture, l'exil en Floride et la clandestinité.
Fidèle parmi les fidèles du "Lider Maximo", Sanchez aurait pourtant donné sa vie pour lui. "Avant 1994, pour moi, Fidel était un dieu. J'aurais été prêt à payer le prix de ma vie pour cet homme-là". Mais en 1994, il surprend une conversion censée restée privée entre Castro et son ministre de l'Intérieur. Il découvre alors que son patron est capable de tout sacrifier à son pouvoir, même ses proches, même ses convictions, et il déchante. "J'ai découvert qu'il était derrière le trafic de drogue à Cuba. Le ciel m'est tombé sur la tête. L'opinion que j'avais de lui, les justificatifs que je trouvais à ses excès personnels, tout ça a été remis en cause", raconte le garde du corps à FRANCE 24.
De fait, tout était caché autour de Castro, du village fantôme où s'entraînent les guérilleros jusqu'à sa fortune colossale -- immense parc immobilier, île paradisiaque ignorée des Cubains et mainmise sur l'argent public -- en passant par ses relations avec sa famille. Juan Reinaldo Sanchez voit de ses yeux le "lider" passer de maîtresse en maîtresse et essaimer derrière lui neuf enfants de cinq unions différentes. Sanchez, qui a pris des notes détaillées des faits et gestes du chef d'État pendant toutes les années de son service, énumère une partie de la liste extravagante de ses biens: quatre yachts, plusieurs bateaux de pêche, un équipage de cent marins à sa disposition, un héliport, un hôpital privé, un terrain de chasse, plusieurs terrains de basket et une vingtaine de propriétés de luxe.
"Fidel a toujours affirmé vivre modestement. Mais en fait il avait une vingtaine de maisons à Cuba. Il y avait un contraste entre la vie de Fidel Castro telle qu'il la présentait au public et sa vie privée. Il a toujours critiqué le capitalisme mais en fait il a profité du capitalisme", poursuit Sanchez, qui ne compte plus les paradoxes d'un homme dont il reconnaît l'intelligence politique, l'incroyable charisme mais surtout le don de "manipulateur". Sanchez espère désormais que son témoignage pourra déchirer le voile qui protège, depuis trop longtemps, le dictateur cubain : "Je suis sûr que les gens changeront d'avis sur Fidel Castro et leur regard sur Cuba en lisant ce livre".
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Donald Trump : « Castro était un dictateur brutal »
Le président élu américain Donald Trump a d’abord choisi une forme de sobriété pour réagir à la mort de Fidel Castro vendredi 25 novembre.
« Fidel Castro est mort ! », a-t-il écrit laconique sur Twitter, sa plateforme de communication favorite, peu après 8 heures, heure locale en Floride (15 heures, heure française), où il passe en famille le week-end prolongé de Thanksgiving.
Cuba est engagée dans un dégel historique avec les Etats-Unis depuis fin 2014, mais Donald Trump a affiché des réserves sur ce rapprochement, affirmant qu’il ferait « tout pour obtenir un accord solide » avec La Havane.

Donald Trump, qui prendra ses fonctions le 20 janvier 2017, a par opposition déclaré qu’il était pour l’instant opposé à la suppression de l’embargo financier et commercial imposé à l’île depuis 1962. Sa levée dépend du Congrès qui, contrôlé par les Républicains, y est opposé.
« Toutes les concessions que Barack Obama a faites au régime de Castro l’ont été à travers des ordonnances présidentielles, ce qui signifie que le prochain président peut revenir dessus et je le ferai sauf si le régime de Castro répond à nos demandes, pas mes demandes, nos demandes », avait déclaré Donald Trump en septembre lors d’un discours de campagne, avant l’élection du 8 novembre qui lui a donné la victoire. «Vous savez ce que sont ces demandes. Ces demandes porteront sur les libertés religieuses et politiques pour le peuple cubain et la libération des prisonniers politiques », avait ajouté le républicain.
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Vidéo - Les révélations de Juan Reinaldo Sanchez, ancien garde du corps de Fidel Castro
Le lieutenant-colonel Juan Reinaldo Sanchez a été le garde du corps personnel de Fidel Castro pendant 17 ans. Il a ainsi vécu auprès du leader cubain, avant de rompre avec le régime et de fuir en Floride en 2008. Dans le livre "La vie cachée de Fidel Castro", co-écrit avec Axel Gylden, il lève le voile sur un "Lider Maximo" inconnu du grand public et nous parle de sa vie privée, de sa fortune et des secrets d'État.
Qui est vraiment Fidel Castro ? Qui se cache derrière les multiples masques du chef de guerre charismatique, autocrate paranoïaque, diplomate machiavélique, orateur admiré des intellectuels européens, insatiable Don Juan ou encore nabab aux goûts de luxe? Personne, jusque-là, n'avait osé révéler la vie privée et secrète du mythique personnage. Dans "La vie cachée de Fidel Castro", la journaliste Awel Gylden a recueilli le témoignage de Juan Reinaldo Sanchez, chargé de la protection personnelle de Fidel Castro pendant 17 ans, avant de tomber en disgrâce. Après avoir été l'ombre de Castro, Sanchez a connu les geôles cubaines, la torture, l'exil en Floride et la clandestinité.
Fidèle parmi les fidèles du "Lider Maximo", Sanchez aurait pourtant donné sa vie pour lui. "Avant 1994, pour moi, Fidel était un dieu. J'aurais été prêt à payer le prix de ma vie pour cet homme-là". Mais en 1994, il surprend une conversion censée restée privée entre Castro et son ministre de l'Intérieur. Il découvre alors que son patron est capable de tout sacrifier à son pouvoir, même ses proches, même ses convictions, et il déchante. "J'ai découvert qu'il était derrière le trafic de drogue à Cuba. Le ciel m'est tombé sur la tête. L'opinion que j'avais de lui, les justificatifs que je trouvais à ses excès personnels, tout ça a été remis en cause", raconte le garde du corps à FRANCE 24.
De fait, tout était caché autour de Castro, du village fantôme où s'entraînent les guérilleros jusqu'à sa fortune colossale -- immense parc immobilier, île paradisiaque ignorée des Cubains et mainmise sur l'argent public -- en passant par ses relations avec sa famille. Juan Reinaldo Sanchez voit de ses yeux le "lider" passer de maîtresse en maîtresse et essaimer derrière lui neuf enfants de cinq unions différentes. Sanchez, qui a pris des notes détaillées des faits et gestes du chef d'État pendant toutes les années de son service, énumère une partie de la liste extravagante de ses biens: quatre yachts, plusieurs bateaux de pêche, un équipage de cent marins à sa disposition, un héliport, un hôpital privé, un terrain de chasse, plusieurs terrains de basket et une vingtaine de propriétés de luxe.
"Fidel a toujours affirmé vivre modestement. Mais en fait il avait une vingtaine de maisons à Cuba. Il y avait un contraste entre la vie de Fidel Castro telle qu'il la présentait au public et sa vie privée. Il a toujours critiqué le capitalisme mais en fait il a profité du capitalisme", poursuit Sanchez, qui ne compte plus les paradoxes d'un homme dont il reconnaît l'intelligence politique, l'incroyable charisme mais surtout le don de "manipulateur". Sanchez espère désormais que son témoignage pourra déchirer le voile qui protège, depuis trop longtemps, le dictateur cubain : "Je suis sûr que les gens changeront d'avis sur Fidel Castro et leur regard sur Cuba en lisant ce livre".
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Sara Roumette : les Cubains et le système "D"
Invitée du zoom de France Info, avec Jean Leymarie, Sara Roumette, uteur de "Cuba" (Les guides de l'état du monde", La Découverte) détaille les circuits de l'économie parallèle dans l'ile.

Le livre
L'histoire de la " perle des Antilles " a connu bien des rebondissements, jusqu'à la révolution castriste, qui fascine et divise bien au-delà de ses frontières. Pourtant le réel cubain est plus complexe que les visions partisanes qu'il suscite. L'État, omniprésent, réprime toute critique, et la crise née de l'effondrement du bloc soviétique a inauguré une " période spéciale " qui n'en finit pas de finir. Des réponses pragmatiques lui sont apportées, au cas par cas, mais le semblant d'ouverture économique s'accompagne d'un resserrement politique...
Prise au piège d'une véritable schizophrénie sociale, la population est partagée entre les rêves d'exil et le parti de vivre intensément le présent, notamment à travers la musique et la danse. Sans parler du cinéma, qui, bien que soutenu par le pouvoir, a conservé un certain esprit critique...
Un livre indispensable, pour partir, sans naïveté, à la découverte d'un pays passionnant.
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Gorki ou la dissidence cubaine en musique
Gorki est un musicien cubain. Farouche opposant du régime Castro, le chanteur dissident effectue parfois des concerts improvisés dans la rue, malgré l’interdiction de ce genre de manifestation. Retrouvez Enquête exclusive chaque dimanche sur M6.
http://www.m6.fr/emission-enquete_exclusive/videos/11238068-gorki_ou_la_dissidence_cubaine_en_musique.html
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Les carnets du bourlingueur - Cuba: Fiesta, débrouille et interdits
Mais aussi La contestation qui monte et un changement depuis 2 ans
Avec ses 2.600 kms de plage, Cuba attire chaque année 2,5 millions de touristes. Le cocktail « rhum, salsa et jolies filles » séduit toujours autant. Mais derrière la carte postale, il existe un autre Cuba : celui des tickets de rationnement, du travail au noir, et du manque de liberté. Pour les quelques 11 millions de Cubains, la priorité est de survivre. Régime communiste dirigé par Fidel Castro pendant 50 ans, Cuba est aujourd'hui mené d'une main de fer par son frère Raul. La police est omniprésente et les restrictions nombreuses. 
Mais depuis quelques années, la résistance s'organise : une nouvelle génération de bloggeurs, graphistes et musiciens se bat pour faire tomber le régime. Mais à Cuba, ils risquent gros. Comment ces dissidents s'organisent-ils dans l'ombre ? Malgré les réformes économiques entreprises depuis un an, le quotidien reste difficile. S'il est aujourd'hui permis d'acheter une maison ou une voiture, les cubains risquent toujours la prison pour avoir acheté du boeuf ou pêché la langouste, des mets réservés aux touristes et à l'exportation. Plongée au coeur de l'une des dernières dictatures communistes au monde.
https://www.youtube.com/watch?v=W52ExQ0KEMw

Yoani Sánchez
video - La dissidente cubaine Yoani Sanchez a été arrêtée à Bayamo dans le sud-est de l'île. La blogueuse comptait se rendre au procès du jeune politicien espagnol Angel Carromero. Selon les autorités cubaines Yoani Sanchez envisageait de perturber le bon déroulement de la procédure judiciaire
http://actu.orange.fr/societe/videos/cuba-la-dissidente-cubaine-yoani-sanchez-arretee-en-VID0000000TDGu.html
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Fidel Castro (1926-2016)
Texte de Patrick Gofman (écrivain, militant gauchiste repenti) :
« HOSPITALISÉ fin juillet 2006, Fidel Castro, 81 ans, a passé la main le 19 février 2008 à son frère Raul Castro, 75 ans dont 50 comme ministre de la Défense. Une brochure publiée par Fidel en 1953 s’intitulait « La Historia meabsolvera ». L’Histoire l’absoudra-t-elle ?
Castro entre en vainqueur à la Havane  le 1 janvier 1959.
« Autopsie du castrisme », de Léo Sauvage, est paru dès 1962 chez Flammarion. Mais personne n’y fit attention. 
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Léo Sauvage
Il émigre en 1948 aux États-Unis où il est employé par l'Agence France-Presse: en 1959 il est le premier reporter européen à arriver à Cuba après la chute de Batista. Il est notamment correspondant du Figaro aux États-Unis de 1950 à 1975.
Après l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy, il conteste le rapport de la commission Warren concluant à la culpabilité de Lee Harvey Oswald : il argue de l'absence totale de preuves contre le prévenu et de la présence dans l'exposé de la commission d'éléments l'innocentant (des éloges de Kennedy par Oswald, la veille même de l'assassinat du président). Il conclut ainsi son ouvrage, L'Affaire Oswald, en janvier 1965 : « je dirai qu'il est logiquement insoutenable, juridiquement indéfendable et moralement inadmissible d'affirmer que Lee Harvey Oswald était l'assassin du président Kennedy » .
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C’était tellement plus amusant d’écouter Jean-Paul Sartre et René Dumont. Et ils gueulaient tellement plus fort ! Retour de Cuba, en 1960, le « grand philosophe » s’extasiait sur le génie de Castro, qui ne craignait pas de « parler aux représentants des syndicats ouvriers, à La Havane, et demander qu’ils sacrifiassent une partie de leur salaire pour les premiers investissements qui donneraient le départ à l’industrialisation. » Ces ouvriers auxquels dans le maquis il avait promis, au contraire, de substantielles augmentations…
Pas plus tard que le 25 juillet 1960, à Santiago de Cuba, un barbudo déçu expliquait ainsi à Sauvage : « Notre rêve à nous tous était une république libertaire d’où toute oppression serait bannie à jamais et que guideraient les principes de José Marti (1)Le vrai héro
Ce que nous avons eu à la place, c’est un État totalitaire jouissant de moins de libertés que la Pologne… »
Pour ce maquisard en retraite, Castro avait trahi la révolution cubaine, et il en blâmait aussi « les flatteurs, les lâches, les imbéciles et les Jean-Paul Sartre. Sans eux, il n’y aurait pas eu de traître, parce qu’il n’y aurait pas eu de fou, ou parce que le fou n’aurait pas été à même de trahir. Et notre révolution n’aurait pas sombré dans un cloaque. »
En mars 1960, en escale à New York, après Cuba, Sartre, auteur soit dit en passant des « Chemins de la liberté », déclarait à Sauvage : « …je suis partisan de la suppression de journaux [cubains indépendants] tels que le « Diario de la Marina ».Il s’agit là d’organes aux tendances périmées et dont les attaques font perdre du temps au gouvernement révolutionnaire. Les libertés bourgeoises doivent être sacrifiées aux intérêts de la révolution, et seules peuvent être tolérées des critiques constructives, conformes à la volonté du peuple. »
L’été suivant, Juan Arcocha, interprète de Castro (et Sartre), engueulait le même Sauvage pour avoir évoqué de prétendues menaces contre la liberté de la presse à Cuba… Cinq ans plus tard, cet Arcocha est en exil à Paris ; il appelle Sartre au secours des intellectuels cubains. Le philosophe se déclare inapte à convaincre Fidel et Beauvoir préfère « garder vivant le souvenir de la lune de miel de la révolution » ! Arcocha confesse : « J’en conclus que ces deux monuments intellectuels que j’avais placés sur un piédestal n’étaient que des touristes éclairés. Je brûlai donc mes idoles et ne les revis plus. » (2).

René Dumont, candidat écolo à la présidentielle de 1974, et conseiller agronomique (peu écouté) de Castro, écrivait quant à lui dans « L’Express » (22 septembre 1960) : « On peut dire dès maintenant que la révolution cubaine est en train de rattraper, sur le plan économique, le niveau très élevé qu’elle avait déjà atteint sur le plan politique. » Mais dès 1963, il publie un violent réquisitoire contre le castrisme, « Cuba est-il socialiste ? » Que s’est-il passé ? Un familier de Castro à l’époque m’affirme que Dumont se vengeait de la frayeur mortelle que Fidel lui avait causée en lui reprochant avec une extrême violence ses conciliabules avec un agronome cubain, ancien ministre de l’Agriculture et opposé à la collectivisation.

Un fameux agronome lui-même, le Lider Maximo, alias le Dealer Maximo (3) ! Cuba l’avait attendu pendant des siècles, pour briser enfin sa monoculture sucrière. Fidel mobilise femmes et enfants pour coudre une « ceinture de café » autour de La Havane. Chaque récolte est plus désastreuse que la précédente, et il met quatre ans pour découvrir que les plaines calcaires empoisonnent le caféier ! Qui aurait osé le lui dire à temps ?
Personne non plus n’osa lui rappeler que les communistes cubains avaient donné des ministres à Batista (fantoche US), désapprouvé l’insurrection castriste, été chassés par les ouvriers de la direction de leurs syndicats… puisqu’il avait décidé de les imposer dans tous les rouages du pouvoir.
Le quotidien « Présent » a accusé le Council on Foreign Relations (think tank du State Department, les Affaires étrangères US) d’avoir « fabriqué » Castro. Mais que dire alors de la CIA et de son débarquement de 1.400 nostalgiques de Batista, dans les marais de la baie des Cochons ? En évinçant la résistance démocratique cubaine (majoritaire dans l’île comme en exil), l’Agence offrait à Fidel un triomphe militaire sans péril mais pas sans gloire sur le géant américain (Kennedy dut en endosser la responsabilité), et redorait, pour longtemps, son blason de « héros du peuple cubain ». Que dire aussi de l’occupation militaire US de Cuba (1898-1934), de la mainmise coloniale et mafieuse sur son économie ? Et que dire, enfin, du blocus seulement levé par Obama ?
Aujourd’hui, « dans l’île trompeuse, le temps s’est arrêté. Les touristes adorent : les vieilles Cadillac, les palais décrépis, les slogans de leur jeunesse en grandes lettres noires sur fond de poing levé s’affichent çà et là au détour d’un carrefour, d’une avenue… Les Cubains, eux, triment, inventent le quotidien pour ne pas sombrer dans la désespérance », écrit un couple de correspondants de presse (1996-99) aujourd’hui indésirable à Cuba (4).
Après un demi-siècle de puissante réflexion, la gauche découvre que le castrisme serait quelque peu totalitaire, et elle le lâche. Quand soixante-quinze dissidents collectionnent 1.453 années de prison, en mars 2003, Human Rights Watch, Amnesty International, Reporters sans frontières et compagnie ripostent par un cruel « Livre noir ».

Il ne reste guère à Fidel que le soutien de la Veuve Rose, Danielle Mitterrand. Pour elle, il « n’a rien d’un dictateur », c’est même un « démocrate convaincu » qui, affirmait-elle en 1996, a réalisé « le summum de ce que le socialisme pouvait faire » ! C'était une rêveuse.
En 1959, avant Castro, Cuba était le 3ème pays d’Amérique latine en richesse. À présent, on y manque de tout (sauf de flics), et même de… sel et de poisson, le comble dans une île. Le dollar, la drogue, le crime organisé, la prostitution y sont de retour : Cuba n’est plus « le bordel des USA », elle est devenue celui de l’Europe et de l’Amérique du Sud.

Quel avenir attend la belle Caraïbe ? En principe la présidence du poivrot Raul Castro.  « Une fois que Fidel ne sera plus là, Raul aura l’air d’un poulet qui attend d’être plumé » (par ses chers amis de l’armée).

Patrick Gofman

1.- José Marti (1853-1895), franc-mac, journaliste, poète, chef de la guerre d’indépendance contre l’Espagne. Le régime castriste s’en réclame, comme ses opposants.
2.- « La Havane 1952-1961 », collectif, éd. Autrement, 1994.
3.- Le Guide suprême, « Lider Maximo », de la révolution cubaine a récolté le sobriquet de « Dealer Maximo » après l’affaire de drogue pour laquelle le général Ochoa et trois autres officiers furent exécutés avec une hâte suspecte…
4.- « L’Île du Dr Castro », Stock. »

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